Sécurité aérienne en Afrique : qu’en est-il vraiment ?
Sécurité aérienne en Afrique : qu’en est-il vraiment ?
La sécurité aérienne en Afrique est souvent sujette à préjugés. Mais qu’en est-il réellement aujourd’hui ? Accidents, progrès techniques, supervision internationale… il est temps de faire le point de manière objective sur l’état de la sécurité aérienne sur le continent.
1. La sécurité aérienne en Afrique : état des lieux
Des progrès notables
Depuis les années 2000, le taux d’accidents a fortement diminué grâce à plusieurs réformes. L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a mis en place des audits de supervision de la sécurité (programme USOAP), poussant les pays africains à améliorer leurs normes.

Statistiques clés
Selon les rapports de l’OACI et de l’IATA, l’Afrique représente aujourd’hui moins de 10 % des accidents aériens mondiaux, bien que le continent ne représente qu’environ 2 % du trafic. Un chiffre en baisse, signe d’une évolution positive.
2. Les efforts régionaux pour renforcer la sécurité
Création d’agences régionales
Des organisations comme l’ASECNA (Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique) ou la BAGASOO en Afrique de l’Ouest contribuent à une gestion collective et professionnelle de la navigation aérienne et de la sécurité.
Formation et surveillance
Des programmes comme ceux de l’AFI Plan, en partenariat avec l’OACI et l’IATA, permettent de former les contrôleurs, inspecteurs, et techniciens dans plusieurs pays. Des simulateurs, des écoles régionales et des coopérations entre pays facilitent la montée en compétence.
3. Les pays en tête et les zones à risque
Bons élèves
Des pays comme le Maroc, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, l’Égypte et le Rwanda sont régulièrement salués pour leurs infrastructures, la qualité de leurs compagnies aériennes, et leur respect des normes internationales.
Zones à défis
Certains pays souffrent encore d’un manque de financement, de gouvernance ou d’infrastructures vieillissantes. Des compagnies sont parfois inscrites sur la liste noire de l’Union Européenne. Toutefois, même dans ces pays, la volonté de progresser est bien réelle.
4. Les compagnies aériennes africaines : fiabilité en hausse
Des compagnies comme Ethiopian Airlines, Royal Air Maroc, Air Côte d’Ivoire ou Air Senegal respectent les standards internationaux et sont souvent auditées. Plusieurs ont obtenu la certification IOSA (IATA Operational Safety Audit), un gage de sérieux.
5. Enjeux à venir et recommandations
- Moderniser les aéroports et renforcer la maintenance aéronautique locale
- Améliorer la collecte de données et la transparence des rapports d’incidents
- Renforcer les coopérations régionales pour mutualiser les ressources techniques et humaines
- Soutenir les compagnies nationales, souvent sous-financées mais pleines de potentiel
Conclusion
L’Afrique a fait un bond en avant en matière de sécurité aérienne. Même si des défis subsistent, le continent est sur la bonne voie. Il faut aujourd’hui dépasser les clichés et regarder les faits : voler en Afrique est de plus en plus sûr, grâce à un engagement réel des États, des agences régionales et des compagnies aériennes.



